En Côte d'Ivoire, des malades de la lèpre reconstruisent leur vie
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概要
Pour la Journée mondiale de lutte contre la lèpre, Aimé nous confie son histoire, une histoire de résilience face à cette maladie qui affecte plus de 5 millions de personnes en Afrique, selon l'Organisation mondiale de la santé. À Tiassalé, dans le sud de la Côte d'Ivoire, ce survivant de la lèpre a réussi à surmonter la stigmatisation et à se réinsérer.
De notre envoyé spécial à Tiassalé,
Attablé dans son atelier, Aimé reprend le fil de sa vie. Le couturier a trente ans et les doigts de sa main gauche sont rongés par une décennie de maladie. En plus de la lèpre et de ses symptômes, comme les blessures physiques et les lésions au visage, le jeune homme a aussi souffert du regard des autres. « Les gens avaient peur de moi parce qu’ils se disaient qu’ils allaient être contaminés, témoigne-t-il, d’autres pensaient que c’était une malédiction. J’étais beaucoup rejeté, ils se disaient que ça pouvait les atteindre aussi. »
Dépisté fin 2022, Aimé est admis à l’Institut Raoul-Follereau d’Adzopé, dans le sud-est du pays. En plus de son traitement, il y suit les groupes de parole de sœur Akoua Tano. Cette religieuse est l’une des quelques travailleuses sociales qui tentent d’aider les malades ivoiriens à reprendre confiance.
« C’est vrai que la maladie peut laisser un handicap, tu peux avoir un doigt coupé, des pieds coupés, détaille la religieuse. Mais le plus important, c’est la blessure psychologique, parce que quand la personne se rejette elle-même, se voit totalement différente des autres, je vous assure que c’est difficile pour elle de reprendre une vie en société. »
«Avec de l’espoir, on peut reprendre pleinement sa vie»Après plusieurs mois de soins, Aimé rentre à Tiassalé. Guéri, il rouvre son atelier de couture et retisse depuis des liens avec ses voisins. « C’est le visage de l’espoir, se réjouit sœur Akoua, pour qui Aimé est devenu un modèle, parce que quand je le vois après sa sortie, en famille, dans la société, je me dis que tout est possible. Même après avoir vécu des années de maladie, avec de l’espoir, on peut reprendre pleinement sa vie. »
Aimé souhaite que son exemple serve aux autres malades : « Je leur dis de ne pas se décourager parce que je suis passé par là aussi, mais j’ai réussi à le surmonter, rappelle le couturier, et puis je me réjouis de tout ce que je gagne aujourd’hui. La maladie, c’est une épreuve et lorsque tu finis de traverser ça, le bonheur que tu devrais avoir dans ta vie, tu l’auras ! »
En 2024, la Côte d’Ivoire a enregistré près de 600 nouveaux cas de lèpre. Pour le programme national d’élimination de la maladie, un dépistage précoce est essentiel pour éviter les mutilations irréversibles et la stigmatisation des malades.
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