Des journalistes victimes de la grogne des agriculteurs en France
カートのアイテムが多すぎます
カートに追加できませんでした。
ウィッシュリストに追加できませんでした。
ほしい物リストの削除に失敗しました。
ポッドキャストのフォローに失敗しました
ポッドキャストのフォロー解除に失敗しました
-
ナレーター:
-
著者:
概要
Depuis le début du mois de décembre, la France est en proie à une vraie grogne des agriculteurs. Bouleversés par l'épidémie de dermatose nodulaire, cette maladie infectieuse bovine qui décime leurs cheptels et révoltés par la signature du traité Mercosur entre l'Europe et l'Amerique du Sud. Les agriculteurs ont enchainé les manifestations, ainsi que les blocages d'autoroutes. Des rassemblements parfois très tendus face aux forces de l'ordre, mais aussi envers la presse. De nombreux cas d'agressions et de menaces à l'égard de journalistes ont été signalés durant ces rassemblements. Hugo de Waha a recueilli certains témoignages.
Valentin Larquier, 28 ans, est journaliste pour la radio RTL. Un jour de décembre, il se rend, comme il en a l'habitude depuis le début de l'épidémie de dermatose nodulaire, sur un blocage d'une autoroute à la rencontre d'agriculteurs.
« J'ai reconnu un agriculteur atteint de la dermatose nodulaire, j'ai essayé d'aller lui dire bonjour, et là il y a un de ses amis qui me hurle dessus en me disant de dégager, que je n'ai rien à faire là, que je l'embête. Il me prend par le col, il me repousse, il essaie de me mettre plusieurs coups de poing. Ses amis interviennent assez rapidement, le séparent, lui disent de se calmer. Ils me disent de partir. Je pense que s'il voulait me casser la figure et que s'il n'y avait pas eu d'intervention d'autres agriculteurs, carrément il me cassait la figure. Il était vraiment très très énervé .»
Plus de peur que de mal pour ce journaliste, qui reste marqué par cet événement : « Ça ne m'était jamais arrivé de me faire agresser physiquement. J'ai fait beaucoup, beaucoup de sujets avec des agriculteurs, je n'ai jamais eu de problèmes avec eux. Ils étaient très compréhensifs, très gentils. Moi, j'ai réellement eu ce truc de… mais comment je vais faire pour y retourner ! Psychologiquement, j'avais du mal à m'imaginer retourner à l'endroit où c'est arrivé ! Je ne suis jamais retourné sur ce barrage-là. »
À quelques kilomètres de là, Benjamin Calves, chef d'édition du journal local La Dépêche du Midi, a vu des agriculteurs répandre du lisier sur son bureau. Le lendemain, un homme était arrêté par la police, alors qu'il s'approchait dangereusement de ses bâtiments avec son tracteur : « Oui, ça a été un peu mal vécu dans le sens où, encore une fois, on est sur le terrain tous les jours. Après plusieurs semaines de mobilisations, il y a exactement une radicalisation pour certains. Ce que ne ressentaient pas les journalistes sur le terrain il y a quelques mois de ça ou en 2004, lors des premières mobilisations, c'est que certains acteurs de ces mobilisations qui ne veulent pas s'adresser aux médias. Non, vous êtes des médias, vous êtes à la solde du pouvoir ! Sinon, il n'y a pas de problèmes majeurs en tout cas, à l'heure actuelle, mais on sent une crispation, une radicalisation, pour certains une grosse défiance. »
La presse locale ne semble plus être préservée de ce type de comportements, et ce malgré les liens qu'elle tisse avec les acteurs qui l'entourent. Alexandre Buizine, membre du SNJ, le syndicat national des journalistes, a répertorié une dizaine d'attaques contre la presse locale au cours du mois de janvier : « C'est assez nouveau, parce que la presse locale, c'est celle qui est au plus près du terrain et des agriculteurs, celle qui raconte la réalité quotidienne des agriculteurs. Voilà, c'est ce qui est d'autant plus incompréhensible. On s'en prend à la presse qui, entre guillemets, est la plus crédible, celle qui raconte au long cours la réalité des agriculteurs. Leurs difficultés notamment. On n'a pas d'explications. Il peut y avoir une part de désespoir de la part des agriculteurs, ça ne peut pas justifier ce qu'ils font. »
Le syndicat national des journalistes rappelle que toute attaque physique ou verbale à l'égard d'un journaliste est punissable par la loi.