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Centrafrique: le fléau des violences faites aux femmes est en pleine croissance, même en milieu rural

Centrafrique: le fléau des violences faites aux femmes est en pleine croissance, même en milieu rural

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概要

Les violences faites aux femmes au sein des foyers connaissent une hausse préoccupante, y compris en milieu rural en Centrafrique. Illustration dans le village de Batalimo, dans la Lobaye, au sud-ouest du pays. Souvent cachées derrière le silence familial, ces violences sont alimentées par une domination patriarcale persistante, l’impunité, les séquelles des conflits armés et la pauvreté qui rend de nombreuses femmes économiquement dépendantes. Par peur de la stigmatisation, beaucoup de victimes n’osent pas dénoncer ces abus, subissant de lourds traumatismes psychologiques et physiques qui freinent leur épanouissement social.

La pièce est fébrilement éclairée d'une lampe tempête. Cette jeune femme de 26 ans, dont nous ne donnerons pas le nom, est allongée dans un lit en bambou. Son visage est partiellement bandé par un pansement : autour de ses yeux, la peau est gonflée, violacée. Devant elle, une bassine en plastique remplie d’eau chaude. Sa mère y trempe une serviette, lui massant le visage, le dos et les articulations d'un geste lent, presque mécanique.

« Je me remets difficilement après les multiples violences de mon mari. Au début, ce n’étaient que des paroles dures, raconte-t-elle. Puis les cris sont devenus des coups. Les violences ont commencé à devenir régulières. Chaque gifle était suivie d’insultes et d’humiliations. Plusieurs fois, il m’a frappée devant nos enfants, terrorisés, qui pleuraient à chaudes larmes. »

« Il a frappé mon visage avec un bâton »

La parole de cette femme est lente et prudente. Comme beaucoup de victimes, elle a appris à se taire, par peur, par honte, ou simplement pour survivre : « Les coups reçus ne sont pas seulement physiques : ils atteignent ma dignité. Dans de nombreux foyers, la vie en couple est censée être un lieu de protection, mais chez moi, c’était un espace de danger. La semaine dernière, il a frappé mon visage avec un gros bâton, et je porte encore les blessures. C’est alors que j’ai pris mon courage à deux mains pour retourner chez ma mère. »

Roger est jardinier. Il se déplace entre les rangs de carottes et de choux, le tuyau d’arrosage à la main, comme une extension naturelle de son corps. Âgé d’une quarantaine d’années, il a aussi été un homme violent : « J'ai vécu des atrocités pendant les crises que le pays a connues. Je suis quelqu'un qui a grandi dans un climat de colère, de traumatisme. Un jour, j'ai demandé de l'aide à l'Église pour arrêter la violence. J’ai appris à me taire et à calmer mes colères. »

Les violences conjugales touchent toutes les catégories sociales, tous les âges et toutes les régions du pays. Dans son cabinet, Me André Olivier Manguereka, avocat au barreau de Centrafrique, présente un lot de dossiers relatifs aux violences faites aux femmes, une cinquantaine de dossiers environ : « Les violences sexuelles font partie des infractions qu'on appelle d'attentat aux moeurs. Il y a des peines prévues, par exemple la peine de mort pour un viol, lorsqu'il a entraîné le décès de la victime ou s'il a été suivi ou accompagné d'enlèvement, de torture ou d'actes de barbarie. »

Afin d’apporter un soutien à ces femmes, l’Association des femmes juristes centrafricaines (AFJC) met à leur disposition un espace sécurisé leur permettant de s’exprimer et de bénéficier d’un accompagnement psychologique. L’AFJC œuvre également pour la promotion de l’accès des femmes à la justice et pour la lutte contre l’impunité des auteurs de violences.

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