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Faut-il tuer des animaux pour sauver d'autres espèces?

Faut-il tuer des animaux pour sauver d'autres espèces?

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概要

La conservation de la nature passe parfois par des méthodes qu'on peut juger brutales. En Australie, dans les Antilles ou aux Galapagos, donner la mort est parfois nécessaire pour la sauvegarde de la biodiversité. Le débat a agité les campagnes françaises avec la dermatose bovine : fallait-il tuer des troupeaux entiers pour sauver les autres vaches ? Un débat qui existe aussi en matière de protection de la biodiversité. En témoigne par exemple celui qui a traversé l'Australie à propos de ses brumbies... Brumby, c'est le nom donné aux chevaux arrivés en Australie avec les premiers colons et retournés à l'état naturel. Dans le parc du Kosciuszko, le plus grand parc national australien, pas très loin de Canberra, ces chevaux, sans prédateurs, proliféraient à tel point qu'on a décidé d'en éliminer une grosse partie, en leur tirant dessus en hélicoptère. Et en quelques années, la population des brumbies est passé de 17 000 à 3 000 animaux. Évidemment, tuer des chevaux, l'un des meilleurs amis de l'homme, cela a fait débat, cela a fait scandale. Mais c'était pour la bonne cause. Ces chevaux sauvages, trop nombreux, causaient des dégâts dans tout l'écosystème. D'abord par leur alimentation : un cheval mange chaque jour 2% de son poids, ce qui fait donc environ 8 kilos d'herbe par jour – et l'herbe c'est léger... Des dégâts provoqués aussi par leurs déplacements, et d'ailleurs visibles par satellite. Un cheval marche (ou trotte) jusqu'à 50 kilomètres par jour. Leurs sabots piétinent les sols, les tourbières, abiment les berges des rivières, et bouleversent ainsi l'équilibre du plus vaste bassin d'eau d'Australie et de toute la faune qui y vit, des reptiles, des poissons, des rongeurs, des batraciens... C'est donc pour sauver la richesse de cet écosystème qu'on a choisi de tuer des chevaux. Et déjà la végétation réapparait, la nature se réoxygène. À lire aussiDermatose en France: selon Jacques Guérin, «il n’y a pas d’alternative à l’abattage d’animaux malades» Exterminer les exterminateurs L'Australie n'en est pas à son coup d'essai contre les espèces invasives. Également en ligne de mire : les chats. Six millions de chats errants accusés de tuer 9 millions d'animaux... toutes les 24 heures ! Pour exterminer les exterminateurs, on a un conçu un robot qui identifie les chats (et seulement les chats) avant qu'il ne les asperge de poison. Moins radical, au Japon, ce sont « seulement » 131 chats qui ont été tués sur une île et l'effet fut immédiat sur une espèce de pigeon au bord de l'extinction : en 3 ans, sa population a été multipliée par 10, et même par 20 pour les juvéniles. Les îles sont particulièrement vulnérables aux espèces invasives, parce que par définition un île est est un territoire à la surface limitée, où la faune a évolué sans prédateurs. L'arrivée d'une espèce invasive va tout de suite faire des dégâts très visibles. La majorité des extinctions d'animaux recensées sur la planète se passent dans les îles, et huit fois sur dix c'est à cause d'une espèce exotique envahissante. Dans les Antilles françaises, on fait la chasse à l'iguane commun, venu du continent sud-américain, qui menace la survie de l'iguane endémique. On chasse également, ce qui veut dire qu'on tue, volontairement, la mangouste, un carnivore qui avait été introduit pour lutter contre les rats dans les champs de canne à sucre. Non seulement les rats sont toujours là, mais la mangouste mange les œufs des tortues, et les œufs d'un oiseau dont il ne reste plus que quelques centaines de couples. À lire aussiL’Australie va déployer des robots tueurs de chats sauvages Tuer des chèvres pour sauver des tortues Aux Galápagos, dans le Pacifique, les chèvres introduites par l'Homme avaient dévoré la végétation, privant d'ombre et d'eau les célèbres tortues. On a alors eu recours à la chèvre de Judas (comme le « traître » de la Bible) : des chèvres stérilisées et peintes en rouge, rejoignant leurs congénères sauvages, ce qui permettait de repérer les troupeaux avant de les abattre. Plus de 50 000 chèvres ont ainsi été tuées pour sauver les tortues des Galápagos. Pour sauvegarder la biodiversité, il apparait inévitable que l'Homme devienne un bourreau – c'est un peu dans sa nature... Mais ici, c'est un mal pour un bien. Bien sûr, il y a toujours des débats, des opposants, des défenseurs des animaux. Il est assez contre-intuitif de penser que donner la mort est écologique. Mais une forme de consensus scientifique s'est établi en matière de conservation de la biodiversité. Mieux vaut tuer une espèce dans un endroit donné (on ne parle pas de l'éliminer de la planète) pour sauver des dizaines d'espèces menacées. On tue, on n'aime pas ça, mais on donne la mort pour sauver d'autres vies. Les espèces invasives, importées, représentent la deuxième cause de ...
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