Côte d'Ivoire: Rubino, le village qui entretient la mémoire de la résistance à la présence coloniale française
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Situé dans le sud-est de la Côte d'Ivoire, le village de Rubino porte le nom d'un officier de l'armée coloniale française contre lequel le peuple abé s'est révolté, le 7 juillet 1910. Un événement dont ses habitants entretiennent aujourd'hui encore la mémoire pour rendre hommage à la résistance de leurs aïeux.
C’est un petit chemin au milieu d’une forêt. Un pont, totalement désossé, témoigne du mouvement de révolte du peuple abé contre Rubino, un officier de l’armée coloniale française.
Jean-Claude, un jeune du village, connaît cet épisode par cœur. « Ici se trouve le pont où il a été tué. Ce sont les Abés qui en ont démonté les boulons à la main. Quand le train est arrivé, il n'a pas pu traverser. C'est là que M. Rubino s'est fait attraper et qu'il a été tué », raconte-t-il.
Une révolte contre le travail forcéPlus d’un siècle après les faits, les habitants de Rubino perpétuent la mémoire du site : au-delà de la figure contestée de l’employé de la CFAO, le peuple abé s’est surtout révolté contre le travail forcé.
« Rubino, c'est un colon. Il était présenté comme un commerçant, mais en réalité, il faisait du trafic d'or. Il emmerdait les villageois et les dépouillait de leurs biens, ce qui agaçait les doyens du village. Pour éviter ce comportement, il fallait donc faire quelque chose », raconte Eddie Patrick, un habitant de Rubino.
Le mausolée du colon, qui se trouve au cœur de la forêt, est aujourd'hui devenu un lieu spirituel, explique Nanan Lambert Koffi Kokola, le chef de terre de Rubino, « parce qu'il est situé sur une terre sacrée où se trouvent des esprits, bien sûr, et des rivières. Pour nous, le peuple abé, c'est un lieu où l'on vient se recueillir parce que c'est ici que nos aïeux ont fini par avoir leur liberté ».
Une exposition pour revisiter l’histoire du paysAprès cette révolte, une nouvelle voie de chemin de fer a été construite, à une centaine de mètres de la précédente seulement. Dans son exposition intitulée Radio Ballast, le photographe François-Xavier Gbré en documente le tracé, comme pour revisiter l’histoire du pays.
« Cette ligne de train a connu le temps colonial, le temps moderne marqué par l'indépendance, et fonctionne toujours aujourd'hui. Elle traverse trois époques : celle de la colonie, celle de l'indépendance et la période contemporaine. »
Des touristes et des passionnés d’histoire viennent de temps à autre visiter le site.
À écouter aussiFrançois-Xavier Gbré capte les rumeurs de l'histoire dans ses photos