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Thaïlande: un congé parental allongé à 120 jours, une avancée saluée mais jugée insuffisante

Thaïlande: un congé parental allongé à 120 jours, une avancée saluée mais jugée insuffisante

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Entrée en vigueur le 7 décembre, un mois après sa publication dans la Gazette Royale, une nouvelle législation étend la durée du congé maternité à 120 jours, contre 98 auparavant. Les pères disposent désormais de 15 jours de congé payé après la naissance de leur enfant. Une mesure sociale encourageante dans l'un des pays les plus inégalitaires, confronté à une société vieillissante et à une économie stagnante.

De notre correspondant à Bangkok,

Sa silhouette annonce l’arrivée prochaine d’un nouveau-né. Enceinte de six mois, Kingkarn se réjouit de l’allongement du congé maternité : « C’est une excellente mesure pour les mères, on a presque quatre mois de congé. »

Le congé maternité passe donc de 98 à 120 jours, dont 60 rémunérés par l’employeur, contre 45 auparavant. Autre avancée majeure de la législation thaïlandaise, qui ravit cette future mère de 31 ans : après la naissance de l’enfant, les conjoints ont aussi droit à 15 jours de congé payés. « Un bébé, c’est la responsabilité des deux parents. C’est bien que les pères aient du temps pour nous aider, surtout quand l’enfant est malade. »

D’ailleurs, 15 jours de congé supplémentaires, indemnisés à demi-salaire, sont prévus si le nouveau-né souffre de complications. Quant au congé paternité, Kan, père dans quelques mois, entend bien en profiter : « Avoir plus de temps pour se préparer, puis passer plus de temps à la maison avec sa femme et son enfant, c’est très important. D’autant que la plupart des entreprises n’autorisent pas le télétravail : ces jours de congé auprès du nouveau-né sont essentiels. »

Pour Christine Arab, directrice de ONU Femmes pour l’Asie-Pacifique, il s’agit d’une avancée significative pour les femmes, les familles et l’ensemble de la société en Thaïlande : « Ce progrès reflète une prise de conscience partagée : le travail de prise en charge, qu’il soit rémunéré ou non, est l’un des piliers de notre société et de notre économie. En prolongeant le congé maternité, la Thaïlande reconnaît que ce travail influence directement la capacité des femmes à entrer sur le marché du travail, à s’y maintenir et à s’y épanouir. »

Un premier pas face au vieillissement

C’est certes un bon début, estime Thanaporn, 30 ans, mais clairement pas suffisant : « J’ai lu que dans les pays scandinaves, le congé maternité peut durer jusqu’à un an et qu’il est largement pris en charge. Moi, j’aimerais au moins six mois de congé maternité et que l’entreprise couvre l’intégralité du revenu, pour que la mère puisse rester à la maison sans inquiétude. Ce serait une bonne chose, pas seulement pour les femmes, mais pour tout le monde en Thaïlande. »

Mère d’une fillette de 2 ans, elle a dû arrêter de travailler pour s’en occuper : « Quand on devient mère, on a parfois l’impression de devoir abandonner tous ses rêves, de tout sacrifier. Mais nous aussi, on a une vie. Les mères ont des sentiments, des rêves, et nous voulons pouvoir les poursuivre. »

Pour beaucoup de jeunes en Thaïlande, ce coup de pouce ne suffira pas à les encourager à avoir des enfants, alors que le taux de natalité est en chute libre dans le royaume, confronté à une société vieillissante et des plus inégalitaires.

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