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Groenland: la désinformation accompagne les propos de Donald Trump

Groenland: la désinformation accompagne les propos de Donald Trump

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Début janvier, le président américain Donald Trump a de nouveau tenu des propos hostiles envers les autorités danoises qui, selon lui, ne sont pas capables de défendre le Groenland face aux appétits chinois et russes en Arctique. Dans le même temps, sur les réseaux sociaux, des propos outranciers et des images détournées circulent dans le but de décrédibiliser l’armée danoise chargée d’assurer la sécurité de ce territoire. Le président américain parle d’une « priorité de sécurité nationale pour les États-Unis » afin de justifier son intention de faire main basse sur le Groenland, ce territoire situé non loin du pôle Nord, entre l’Europe et les États-Unis. Selon Donald Trump, « le Danemark ne fait rien pour la sécurité du Groenland (...) Ils ont seulement ajouté un traineau à chiens », a-t-il affirmé le 4 janvier devant quelques journalistes présents à bord de l’avion présidentiel Air Force One. Visiblement, cette histoire amuse beaucoup le président américain et pourtant, c’est une affaire très sérieuse. Après vérification, ces traineaux appartiennent à une unité spéciale danoise, baptisée patrouille Sirius et rattachée au commandement danois pour l'Arctique. Depuis 2012, ce commandement interarmées assure des missions militaires, des missions de garde-côtes et des interventions en cas de catastrophe, le tout au sein d'une seule organisation. L'unité Sirius est capable de mener des missions de surveillance à longue distance dans ce territoire glacial. Jusqu’alors, la patrouille Sirius disposait de six équipages avec deux hommes et de 11 à 15 chiens. De l’avis des experts, il s'agit du moyen le plus fiable pour opérer en autonomie dans une région du monde où les conditions météo sont extrêmement dures pendant l’hiver. Préoccupations stratégiques Une fois de plus, Donald Trump exagère beaucoup quand il dit « que le Danemark ne fait rien pour la sécurité du Groenland ». Ainsi, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a immédiatement dénoncé ces propos en rappelant que Copenhague avait alloué l’an dernier 1,2 milliard d’euros à la sécurité de la région et pas seulement en achetant des traineaux. Mais aussi en se dotant, dans les années à venir, de drones, de navires spécialisés, de radars et d’avions de patrouille maritime tout en passant commande également de 16 chasseurs supplémentaires : des F-35, fabriqués aux États-Unis. Nuire à l’image de l’armée danoise L'armée danoise a été visée par des infox, ou des propos déplacés provenant le plus souvent des sphères pro-russe ou MAGA (Make America Great Again), proches du président Donald Trump. Comme ce compte qui diffuse une vidéo où l’on voit un soldat chuter en tentant de descendre d’un véhicule de transport de troupe. Commentaire moqueur : « Quand l’armée danoise débarque pour stopper l’invasion américaine du Groenland ». Vérification faite, l’image a été détournée. Elle montre des soldats suisses et non des forces spéciales danoises. Cette vidéo sortie de son contexte a été vue plus de deux millions de fois rien que sur ce compte. D’autres vidéos cherchent à tourner au ridicule l’équipement de l’armée danoise, ou laissent supposer que les soldats danois ne seraient pas assez virils. À lire aussiPeut-on contrer les volontés expansionnistes de Donald Trump ? Donald Trump a la mémoire courte Beaucoup d’utilisateurs rappellent que l’armée danoise n’a pas failli à ses engagements, soulignant qu'elle a perdu 44 soldats dans la mission de l’Otan en Afghanistan, aux côtés des États-Unis, dans les années 2010. Durant cette crise politico-diplomatique, les responsables danois ont utilisé les réseaux sociaux (dont le réseau X d'Elon Musk) avec beaucoup d'agilité, afin d'essayer de faire valoir leur point de vue. Sur son compte X, l’ambassadeur du Danemark à Washington conclut : « Le Danemark prend la sécurité dans l’Arctique très au sérieux (...) les États-Unis ont la possibilité d’établir des bases militaires supplémentaires au Groenland en vertu d’un traité datant de 1951. »
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