«Un terrier» au Théâtre de la Reine Blanche, une vraie pièce d’identité
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Très personnel, le « solo à voix nue » d’Anne Leterrier raconte sa naissance sous X, son parcours d’enfant adoptée et son enquête pour retrouver ses origines.
Avant même que le spectacle ne commence, elle est déjà là. Pas sur le plateau mais dans la salle. Mais qui est-elle, cette dame un peu étrange mais sympathique qui passe d’un siège à un autre, salue les spectateurs, leur pose une ou deux questions… Qui ? C’est toute la question. Car le spectacle d’Anne Leterrier nous parle d’identité. La sienne.
Née sous XAnne Leterrier est née sous X. Pupille de la nation, Anne-Caroline Laurence est adoptée trois mois plus tard par un couple de Franciliens, Sylvie et Patrice Leterrier. Ses parents. Longtemps confrontés à la redoutable épreuve de la stérilité, ils se sont résolus à présenter une demande d’adoption en 1987. Trois ans après, Anne devient leur fille. Et tout le monde est heureux. « Leterrier » : un patronyme prédestiné à l’accueil et à la création d’un foyer. L’autrice -également comédienne et co-metteuse en scène avec Diane Vaicle- l’a coupé en deux pour en faire le titre du spectacle. Tout simplement.
Le reste est un tantinet plus compliqué. Même si on ne lui cache rien : l’intéressée a toujours su qu’elle était une enfant adoptée. Mais comme elle le dit dans le spectacle « grandir adoptée : tout un programme ». À l’école, ses camarades posent bien des questions à la petite Anne qui, elle aussi, s’en pose et pas qu’un peu : a-t-elle été abandonnée ? Qui sont ses parents et que sont-ils devenus ?...
Devenue étudiante, Anne estime qu’il est temps de savoir, même si dans son entourage tout le monde n’approuve pas. Elle se décide à « prendre une année de vide pour faire le plein ». Jolie formule. Elle constitue donc un dossier et saisit le Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles, qui lui transmet quelques informations sur sa mère biologique. Prénommée Kadija, celle-ci vit dans le sud de la France. Et elle va accepter d’échanger des lettres avec Anne, avant de la rencontrer.
Cette correspondance est au cœur de la mise en scène du spectacle. Détail qui n’en est pas un : les lettres sont lues non pas par la comédienne, mais par des personnes du public, et cette histoire intime et personnelle devient alors tellement partagée qu’elle en devient universelle.
Un terrier, au Théâtre de la Reine-Blanche (Paris) jusqu’au 29 avril 2026.