Scandale de l'AGENT ORANGE, corps et terres empoisonnés : pollution coloniale, écocide et scandale sanitaire · Collectif Vietnam-Dioxine
カートのアイテムが多すぎます
カートに追加できませんでした。
ウィッシュリストに追加できませんでした。
ほしい物リストの削除に失敗しました。
ポッドキャストのフォローに失敗しました
ポッドキャストのフォロー解除に失敗しました
-
ナレーター:
-
著者:
L’agent orange n’a pas disparu avec la fin de la guerre du Vietnam
Il est encore dans les sols, dans les corps et dans les mémoires des victimes demandant reconnaissance et réparation.
Dans ce nouvel épisode de Merci Merci, nous recevons Micheline Pham, du collectif Vietnam-Dioxine, pour comprendre l’histoire d’un poison utilisé par les États-Unis entre 1961 et 1971
Officiellement, l’agent orange est un herbicide
En réalité, il a servi à défolier massivement la jungle vietnamienne, à détruire les milieux de vie et à priver les résistants vietnamiens de leur environnement. Cette opération militaire a transformé forêts, terres agricoles, villages et corps en terrain d’expérimentation chimique.
Au cœur de cet épisode : la dioxine, molécule toxique issue de sa fabrication. Elle persiste pendant des décennies, se concentre dans les graisses, contamine la chaîne alimentaire et laisse des traces sur plusieurs générations. Micheline revient sur les maladies associées à l’agent orange : cancers, leucémies, diabète, chloracné, malformations, handicaps visibles ou invisibles. Elle explique pourquoi il est si difficile de reconnaître les victimes, de produire des preuves et d’établir les liens entre guerre chimique, santé publique et transmission épigénétique
L’agent orange soulève des questions complexes de filiation et de justice reproductive. Comment prouver qu’une maladie, un handicap ou un cancer est lié à un poison déversé il y a 50 ans ? Comment réparer quand les victimes sont dispersées, invisibilisées ou jamais recensées ? Comment penser la transmission quand le poison ne laisse pas toujours de trace dans le sang, mais peut modifier l’expression des gènes et affecter les générations suivantes ?
Nous parlons aussi de Trần Tố Nga, victime directe de l’agent orange, dont le combat judiciaire est devenu un symbole mondial. Franco-vietnamienne, elle a intenté un procès en France contre plusieurs multinationales, parmi lesquelles Monsanto. Ce procès pose une question vertigineuse : les entreprises qui fabriquent un poison pour une guerre peuvent-elles se cacher derrière les ordres d’un État ? Et que vaut le droit international quand les victimes vietnamiennes restent sans réparation, alors que des vétérans américains ont obtenu des indemnisations ?
Cet épisode interroge la notion d’écocide. L’agent orange a participé à faire émerger ce mot pour penser la destruction volontaire d’un environnement. Mais l’écocide n’est pas seulement une destruction de la nature : c’est une atteinte aux corps, aux descendances et aux possibilités de futur. C’est pourquoi Micheline parle de racisme environnemental, de colonialisme, d’impérialisme et d’écologie décoloniale.
Nous abordons la place particulière des femmes dans cette histoire. L’agent orange met en lumière une forme de violence reproductive, les mères contaminées ont porté seules la culpabilité des maladies ou des malformations de leurs enfants, faute de reconnaissance médicale, institutionnelle ou politique.
Un épisode pour comprendre pourquoi l’agent orange n’est pas un dossier du passé, mais un combat vivant pour la vérité, la justice, la réparation et le soin.
Laura Berlingo & Mélanie Popoff
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.